Dans les années 60, Nancy, ville d’apparence placide, avait la chance de compter un étudiant pour six habitants : toute cette jeunesse était soulevée d’inquiétude, impatiente de changement. Elle fournit une grande part des bénévoles qui portèrent la manifestation.

Jack Lang, François Mitterrand en 1975 au Festival de théâtre de Nancy
Jack Lang, François Mitterrand en 1975 au Festival de théâtre de Nancy © Getty / BRUCELLE Armel/Sygma

rediffusion du 15/12/2017

Au départ, au début des années soixante, qui aurait parié un kopeck sur les chances de succès et de durée d’un festival issu du monde étudiant qui présentait des troupes internationales sans le sou jouant dans toutes les langues ?

Mais Nancy, ville d’apparence placide, avait la chance de compter un étudiant pour six habitants : toute cette jeunesse était soulevée d’inquiétude, impatiente de changement. Elle fournit une grande part des bénévoles qui portèrent la manifestation.

La ville avait aussi dans ses rangs un juriste débutant qui n’était pas dénué d’ambition mais ne comptait pas alors la quitter. C’était le jeune Jack Lang, un animateur énergique qui écrivait des lettres dans tous les sens tandis que sa jeune femme était déjà pendue au téléphone et que les prospecteurs du festival s’en allaient faire des découvertes à travers le monde.

C‘était le début du transport aérien de masse ! Et on attendait beaucoup des masses ouvrières. A dire le vrai, Nancy ne fut pas une manifestation exactement « populaire » et Jack Lang n’était pas précisément un révolutionnaire. Mais dans ces années effervescentes, le festival a fait circuler la parole. Grâce à des artistes qui étaient des leviers. Citons parmi tant d’autres : Grotowski en 65, le Bread and Puppet en 68, Tadeusz Kantor et Bob Wilson en 71, Pina Bausch en 77.

Nancy constitua la vie de beaucoup de ceux qui y assistèrent. Valérie Lang disait qu’elle était devenue comédienne parce qu’elle avait vu une ville entière envahie, retournée par l’idée du théâtre.

Le site du Théâtre Universitaire de Nancy

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.