Jean-Pierre Vernant, grand helléniste, grand résistant, avait tenu, juste avant sa mort en 2006, à ne pas manquer un rendez-vous qu'il avait promis aux lycéens d'Aubervilliers. "Hé, les gars, leur lança-t-il, hé les filles, vive Homère!"

Ulysse aux Enfers consultant l'esprit de Tirésias - Cratère lucanien du Peintre de Dolon, IVe siècle av. J.-C.
Ulysse aux Enfers consultant l'esprit de Tirésias - Cratère lucanien du Peintre de Dolon, IVe siècle av. J.-C. © Cabinet des médailles / Jastrow

Longtemps, une école sans Homère, n'était pas une école digne de ce nom. Quand on ne l'y fréquentait pas en grec ou en latin, on le rencontrait dans le français de Racine. Et L’Iliade et l'Odyssée restent, pour parler, comme Vernant, le langage d'aujourd'hui, "un grand portail qui ouvre sur l'entier pays des hommes" . Avec ses dieux capricieux et, tentant de s'y comporter dignement, ses héros.

Au premier rang d'entre eux, Ulysse, le destructeur de villes. Il va vivre dangereusement et si longtemps qu'à son retour à Ithaque, Pénélope ne reconnaîtra pas ses mains vieillies et tannées. Sa mort finira par venir mais, bientôt trente siècles après, il demeure l'un de nos proches. Il est l'un des oiseaux de bon augure qui annoncent l'aube de la littérature.

Evénement(s) lié(s)

Série "Odysseus"

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.