Drapeau du Brésil et sa célèbre devise, "ordre et progrès", due au philosophe positiviste français Auguste Comte
Drapeau du Brésil et sa célèbre devise, "ordre et progrès", due au philosophe positiviste français Auguste Comte ©

« C’est plus facile à Rio d’être pauvre qu’ailleurs », C’est du Zweig. « C’est la seule grande ville de l’univers où le simple fait d’exister est un véritable bonheur ». C’est du Cendrars. Le Brésil, « terre d’avenir » est « en marche », c’est un amalgame entre Zweig et Dos Passos. Si tant d’écrivains ont persisté dans cette représentation, c’est qu’elle leur était présentée systématiquement par les élites du pays : le Brésil est merveilleux, demain le peuple ira mieux…

Il est vrai que, depuis longtemps, les Brésiliens manifestent une confiance dans l’avenir qui ne laisse pas de nous surprendre. En 1922, soit un siècle après leur indépendance, ils ont enfin un hymne national. Et que dit-il ? Que le pays est « un géant éternellement allongé dans son berceau splendide ».

Mais maintenant, ça y est, enfin : le Brésil n’est plus émergent, il est émergé. Il ne menace personne, il n’est menacé par personne, ce qui ne fait qu’accroître le rôle auquel il aspire. Il n’est plus le futur, le futur est déjà là.

Et si tant de ses habitants contestent le déroulement de la « Copa » qui avait été conçue pour symboliser sa nouvelle place dans le monde, ce n’est pas par manque de sérieux – le général de Gaulle faisait ce reproche aux Brésiliens. Non, c’est parce que beaucoup d’entre eux prennent au contraire au sérieux leur passage de l’extrême pauvreté aux classes moyennes. Et qu’ils sont maintenant assez instruits des choses pour deviner les tenants et aboutissants des jeux du cirque de l’ère marchande.

Vue aérienne de Rio de Janeiro avec le Christ Rédempteur au premier plan et le Pain de Sucre en arrière-plan
Vue aérienne de Rio de Janeiro avec le Christ Rédempteur au premier plan et le Pain de Sucre en arrière-plan ©
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.