C’est, à mi-chemin de Madagascar et de l’Afrique orientale, une île à partie double, pas bien grande, 374 km2 mais de plus en plus peuplée.

C’est, à mi-chemin de Madagascar et de l’Afrique orientale, une île à partie double, pas bien grande, 374 km2 mais de plus en plus peuplée. En quarante ans, le nombre des habitants a quintuplé : plus de 210 000 aujourd’hui. Quarante ans : c’est le temps qu’il a fallu à Mayotte pour trouver son statut. Les mahorais ont usé du bulletin de vote bien plus souvent que les autres Français. Mayotte, c’est un record en matière de référendum. Le premier est organisé en 1974 à l’échelle des Comores. Les autres îles de l’archipel optent pour l’indépendance alors que Mayotte souhaite le maintien dans la République. La France, flattée, est embarrassée. Elle organise consultation sur consultation afin de légitimer un statut intermédiaire et évolutif : deux référendums en 1976, un autre en 2000, un autre encore en 2009 ! Et voilà, au bout de toutes ces péripéties, Mayotte devenue notre cent unième département.

Mais au moment où ils ont cru trouver leur assiette, les mahorais sont tentés de renverser la table. D’un côté, ils comprennent que la départementalisation, ce n’est pas ipso facto l’alignement sur les revenus sociaux de l’hexagone mais, de suite, la conformité à la justice de l’hexagone : par exemple, le droit musulman qui réglait le statut personnel en matière de mariage notamment n’est plus de mise. La passion française peut dès lors se retourner en déception. Ou bien s’exacerber en violence. Sur les 210 000 habitants, il en est peut-être 50 ou 60 qui sont venus des Comores voisines et misérables, souvent dans des embarcations de fortune, les kwassa-kwassa. Nombre de mahorais s’occupent présentement à les chasser. Rien que dimanche dernier, 200 d’entre eux en ont expulsé manu militari plus de 100 dans cinq communes différentes.

A Mamoudzou, la principale ville de la Grande Terre, la place de la République a été occupée. Mais par des « décasés », victimes de ces violences et sans ressources. Nuit debout place de la République à Paris provoque moult commentaires; on aimerait que le signal d’alerte soit aussi actionné pour Mayotte.

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