Tabarly ne cachait pas qu’en politique, il était plutôt conservateur mais en mer, il était carrément innovateur. En 1967, il avait dessiné pour le Pen Duick III une forme ailée qu’il avait hardiment gréée en goélette. Avant Navale, il était passé par l’Aéronavale. « Un jour, les bateaux voleront », disait-il.

Le navigateur français Éric Tabarly né le 24 juillet 1931 à Nantes et mort en mer d'Irlande le 13 juin 1998 à la suite d'une chute à la mer.
Le navigateur français Éric Tabarly né le 24 juillet 1931 à Nantes et mort en mer d'Irlande le 13 juin 1998 à la suite d'une chute à la mer. © Getty / JACQUES MORELL

Tabarly ne cachait pas qu’en politique, il était plutôt conservateur mais en mer, il était carrément innovateur. Il n’avait pas hésité à recouvrir la vénérable coque de bois de Pen Duick I. En 1967, il avait dessiné pour le Pen Duick III une forme ailée qu’il avait hardiment gréée en goélette. Avant Navale, il était passé par l’Aéronavale. « Un jour, les bateaux voleront », disait-il à Paul Ricard que le mot enchantait.

Le Paul Ricard que finança pour lui l’industriel fait bonne figure en parallèle de la lignée des Pen Duick : I, II, III, IV, V, VI. Mais autour de Tabarly s’est établie une autre succession. C’est celle des marins de premier plan qu’il a formés. Il y a la génération Tabarly I, la II, la III… Il leur donnait peu d’ordres, aucun confort. Il n’aimait guère établir de hiérarchie entre eux. Il fournissait un exemple sans vouloir former à son image. Il leur laissait la liberté d’être eux-mêmes : c’est en cela qu’il fut un vrai maître.

Tabarly aurait 86 ans. Il est mort il y a vingt ans au large du Pays de Galles. Une nuit, un grain de rien du tout mais un fort roulis, une vergue qui le frappe à la poitrine et le projette à l’eau : il n’était pas homme à porter un harnais. Il conduisait le Pen Duick I à un rassemblement de vieux bateaux. Depuis les années 1980, il accompagnait la vague du patrimoine maritime, parrainant la reconstruction des modèles anciens, défendant bec et ongles le Musée de la Marine. De la même façon pugnace dont il avait incarné la vague de la plaisance dans les années 60.

Son corps ne fut retrouvé que quelques semaines après la nuit du 12 au 13 juin. A la cérémonie d’hommage qui se tint à Lorient, Jacqueline Tabarly déclara que la mer ne l’avait pas volé. Elle l’avait simplement repris.

Programmation musicale : Alain Chamfort "Manuréva" (1979)

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