Le 14 mai 1610, Henri IV tombe sous les coups de Ravaillac. Le souvenir du meurtre de son prédécesseur revient alors à la surface.

Sauf que, le 1er août 1589, Henri III n'était plus reconnu dans le pays où il ne contrôlait guère que Tours, Blois et Beaugency...

Portrait d'Henri IV par Sandi di Tito - 1600
Portrait d'Henri IV par Sandi di Tito - 1600 © cc / Museo dell'Opificio delle Pietre Dure de Florence

Au bout d'une, deux, trois, quatre, cinq guerres civiles, dites "de religions", les contemporains voyaient la monarchie perdue, la France écartelée.

Vingt et un ans plus tard, la perception est tout autre. Sans doute le roi qui disparaît est-il considéré comme un tyran par Ravaillac et une minorité mais pour le reste de ses sujets, malgré l'embrouillamini de la succession dynastique et la succession de ses appartenances confessionnelles, il incarne de nouveau la médiation entre le temporel et l'au-delà. Celui que, ce 14 mai, le tyrannicide a retranché des vivants ne pourra d'ailleurs pas être éliminé de la mémoire. Henri III avait échoué à sacraliser sa personne, Henri IV est le premier à qui les Français, en majorité sans doute, a consenti le droit de donner ordre à tout. Mais à peine le pouvoir absolu, beaucoup plus lent à s'esquisser qu'on ne l'a dit, est-il installé que ce 14 mai, il est de nouveau contesté...

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