Nous cherchons à tâtons dans l’écroulement de notre système politique où se situe l’avenir : ça s’appelle en langage météorologique le brouillard. Comment faire ?

La valeur refuge
La valeur refuge © Getty / Bernard Rouffignac

Nous cherchons à tâtons dans l’écroulement de notre système politique où se situe l’avenir : ça s’appelle en langage météorologique le brouillard. Comment faire ?

Autrement dit, quand le monde va mal, peut-on aller bien ?

L’issue peut être de s’effacer de la façade et de s’échapper, en rejoignant derrière, à l’abri, la valeur « refuge ». Epicure, déjà, il y a 2300 ans, recommandait la société choisie, pacifiée et frugale des amis plutôt que la participation à la vie publique.

Oui mais lui-même reconnaissait que, dans certaines circonstances exceptionnelles, la question se posait de la rejoindre.

On ne reste chez soi que pour maintenir au foyer une flamme d’enthousiasme. On ne revient au point « ici » que pour aller un autre jour « là-bas ».Pour faire quelque chose.

« Faire quelque chose »… Anise Postel-Vinay disait que dans sa famille pendant la guerre, on utilisait ces mots simples plutôt que celui de résistance. Dans le vocabulaire de l’engagement, il y a une programmation volontariste qui n’a plus guère prise aujourd’hui.

Peut-être la dissidence correspond-elle mieux à notre époque : le judo plutôt que la lutte frontale. Le grand philosophe tchèque Jan Patocka l’incarna jusqu’à la pointe extrême : il aurait préféré ne pas devoir sortir de ses chères études, ne pas avoir à animer le groupe de la Charte 77 qui protestait contre la normalisation de son pays et ne pas mourir après son énième interrogatoire par la police. Il n’avait pas programmé son sacrifice mais il l’a accompli. Le 13 mars 1977, il y a quarante ans précisément.

Chanson "Ici l'on pêche" de Jean Tranchant

Film "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville

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