En 1799, après le coup d’état du 18 brumaire, commence un moment rare dans l’histoire de France. Le pouvoir repose entre les mains d’un Premier Consul. Sachant que le temps lui est compté, il travaille d’arrache-pied, il veut faire vite.

Napoléon Bonaparte par Edouard Detaille
Napoléon Bonaparte par Edouard Detaille © Getty / Hulton Archive

Il est vrai que le climat est aux réformes. Elles étaient inscrites en filigrane dans l’air du temps. L’opinion avait reproché sa paralysie au régime précédent, le Directoire. Elle était prête à se confier à une autorité nouvelle. L’exécutif peut prendre sa revanche en effaçant le rôle des assemblées et en prenant l’initiative.

Quand Bonaparte a pris le pouvoir, alors j'ai su qu'on allait disposer d'un peu de temps pour faire des choses réelles

- Martin Michel Charles Gaudin

Il n’est donc pas étonnant que soient entreprises des réformes - et à un rythme soutenu. Ce qui importe, c’est que ces réformes soient si judicieusement construites qu’elles peuvent durer.

L’administration préfectorale, l’organisation de la justice, le Code civil…Les textes fondateurs du Consulat, rédigés à une vitesse record, répondent non seulement à l’attente du moment mais, surtout, elles survivront à l’épreuve du temps. 

Ce serait une facilité de les attribuer au seul génie d’un souverain qui se serait de suite  préparé à devenir un monarque. Bonaparte sait écouter les hommes qu’il a choisis et leur donner toute la valeur qu’ils peuvent avoir. Par leurs origines et  leurs expériences diverses, ils témoignent du compromis que le Consulat veut établir entre la continuité monarchique et  l’époque révolutionnaire. Bonaparte donne de suite  à cet orchestre un style qui l’identifie, lui et lui seul, comme le chef indispensable.

Les invités
  • Patrice GueniffeyHistorien, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
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