Cet intitulé aurait laissé les anciens Égyptiens très perplexes.

Scène de la pesée du coeur sur le Livre des Morts d'Ani - vers 1300 av.-J.C
Scène de la pesée du coeur sur le Livre des Morts d'Ani - vers 1300 av.-J.C © domaine public / British Museum

Ce sont les savants d’Europe qui inventent l’expression de "Livre des Morts" au XIXe, alors qu’ils cherchent quelle organisation pouvait commander les papyrus qu’ils découvrent dans la proximité des momies et qu’ils datent : les plus anciens apparaissent sous la XVIIe dynastie, soit au XVIIe siècle avant notre ère.

Ces papyrus contiennent des formules assorties de vignettes vivement illustrées : la magie opère mieux quand elle est accompagnée d’images. Étant entendu que les défunts, leur corps préservé par la momification et leurs sens encore en éveil, appareillent toujours vivants pour l’autre monde, il leur faut un manuel pour naviguer entre les écueils, éviter les lieux funestes, désarmer les êtres hostiles. C’est le rôle du Livre des morts.

Le voyage se termine devant un tribunal qui ouvre au défunt la demeure des justes. Mais qu’est-ce, au juste, qu’un juste ? Dans Égypte ancienne, c’est d’abord celui qui a accompli avec exactitude sa fonction dans un monde dominé par les dieux : le Livre des Morts, c’est un mode d’emploi sans pareil qui permet d’obéir à cette grande mécanique énigmatique qu’est l’Univers.

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