Philippe Val et Caroline Fourest, à la veille du procès des Caricatures de Mahomet (2007)
Philippe Val et Caroline Fourest, à la veille du procès des Caricatures de Mahomet (2007) © MaxPPP

En 1991, c’est au journal La Grosse Bertha que se prépare le destin du titre Charlie, sans que ses animateurs le sachent.

Dix ans plus tôt, Charlie numéro 1 avait sombré corps et biens - en état, disaient les mauvaises langues, de coma éthylique. Choron avait refermé la porte du caboulot en banqueroute et Cavanna était passé à autre chose. Dix ans plus tard, les animateurs de La Grosse Bertha, Cabu et Val en tête, ont bien conscience de relever une tradition satirique bien française mais, à côté des anciens animateurs mal embouchés de Charlie numéro 1, ils font un peu figure de groupe de jeunes rockeurs.

Toujours est-il qu’en 1992, lorsque le propriétaire du titre « La Grosse Bertha » envisage de les soumettre aux règles du marketing, ils prennent leurs cliques et leurs claques. Contraints de changer de casaque, ils songent à reprendre le nom de Charlie. Choron fait barrage, porte l’affaire en justice. En vain. Cavanna a donné son a-Val. Pendant un moment, la petite maison d’édition qui prolonge l’hebdo s’appelle : les éditions Kalachnikov. Là encore, le destin de Charlie numéro 3 se dessine sans qu’on le sache.

Mais dans les années 1990, on ne sait pas que travailler dans ce journal est un enjeu de vie ou de mort. On se demande seulement – et c’est déjà une question sérieuse- si on peut associer au devoir de rigoler et de déconner… la tâche d’informer.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.