Ministre de la Police de 1799 à 1802 et de nouveau de 1804 à 1810 , il eut longtemps la haute main sur la censure. Les écrivains ne le lui pardonnèrent pas : Chateaubriand, Michelet, plus tard Stefan Zweig ont construit une légende noire, à laquelle Napoléon, depuis Sainte-Hélène, ne manqua pas d’apporter sa contribution : il avait appris d’expérience que la police de Fouché servait le ministre avant l’empereur.

Joseph Fouché en grand habit de ministre de la Police générale sous l’Empire - Claude-Marie Dubufe - 1809
Joseph Fouché en grand habit de ministre de la Police générale sous l’Empire - Claude-Marie Dubufe - 1809 © domaine public / Château de Versailles

Autre handicap pour le personnage. Tout duc d’Otrante qu’il était devenu, il n’avait pas les manières. Il promenait à la cour qui n’aimait pas sa silhouette sèche, son sourire étroit, son regard de colin froid. Il avait la tête de son emploi, il semblait l’avoir volée à un squelette.

Première Restauration en 1814, retour de Napoléon en mars 1815 : après la défaite de Waterloo, quelle issue trouver ?

L’été 1815, côte à côte ou face à face avec Talleyrand qui s’était, lui aussi, aux Affaires étrangères, taillé un ministère à sa mesure, Fouché va jouer serré.

Il n’est jamais aussi à l’aise que dans les situations extrêmes. Tout de même, faire le grand écart entre Napoléon et Louis XVIII, ça réveille d’anciennes blessures mal cicatrisées. Notre homme a été conventionnel. Représentant en mission à Lyon, il a actionné la guillotine : près de 1300 exécutions en deux mois. Pis, il a voté la mort du roi.

Mais lui considère l’acquis des 25 dernières années. Comment le préserver face à la lame de fond qui monte du passé ? Il y a tout de même eu, depuis 1789, des moments héroïques et des réformes respectables, affirme-t-il dans un de ses moments de sincérité.

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