Homme aux multiples ressources, Dominique Wolton a, entre autres talents, celui de savoir conduire de grands entretiens, dans un climat de confiance mutuelle.

Dominique Wolton
Dominique Wolton © Getty / Eric Fougere

Au moment où le cardinal Lustiger, dix ans après sa mort, fait l’objet à Paris d’un colloque parfaitement académique, il est amusant de l’entendre tel qu’il apparut en 2013 dans un téléfilm, en héros de fiction. On l’y voyait tour à tour en conducteur de voiture maladroit, en conducteur d’hommes autoritaire, en juif converti demeuré juif. Cela s’appelait « Le métis de Dieu ».

C’était un film posthume. Le pape François, lui, a déjà fait l’objet d’un biopic de son vivant. Il a bien fallu qu’il donne son autorisation : il ne regarde plus la télévision depuis qu’il en a fait le vœu à la Vierge mais il sait que la communication a besoin de tous les langages pour tenter de faire passer ses messages dans nos cerveaux rétifs.

C’est depuis longtemps le travail du sociologue Dominique Wolton que d’emprunter tous les chemins comme toutes les impasses de la communication. Homme aux multiples ressources, il a, entre autres talents, celui de savoir conduire de grands entretiens, dans un climat de confiance mutuelle. Il l’a fait en compagnie de son complice Jean-Louis Missika ou bien seul. Face à Raymond Aron ou Jacques Delors. Et aussi avec le cardinal Lustiger en 1985-87 et cette fois, en 2016-17, avec le pape.

Ces entretiens ne veulent aucunement abolir la distinction entre la vie privée et vie publique mais ils peuvent amener à des confidences qui font sens. Ils tiennent de la conversation de naguère – celles que Goethe avait avec son ami Eckermann au XVIIIème siècle mais ils appartiennent aussi au registre de la communication contemporaine, bien entendue.

Colloque "Jean-Marie Lustiger, entre crises et recompositions catholiques, de 1954 à 2007" du 12 au 14 octobre 2017

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