Le Dalaï-Lama a "fait un rêve", un rêve où le plateau tibétain serait "un lieu de refuge libre où l’humanité et la nature pourraient vivre en paix dans un équilibre harmonieux".

Nomade tibétain dans le comté de Yushu, Chine
Nomade tibétain dans le comté de Yushu, Chine © AFP / Nicoas Asfouri

Le Dalaï-Lama dit ne plus se livrer qu’à une activité spirituelle, culturelle, écologique. C’est un choix, une réponse aussi à la demande de ceux qui l’écoutent attentivement de par le monde : sur une planète globalisée, la recherche individuelle de sens est d’autant plus satisfaite que l’autorité parle depuis un ailleurs.

Mais qu’en est-il du Tibet ? Le Dalaï-Lama a renoncé à son indépendance puis, plus récemment, à l’idée que puisse s’y exercer comme naguère un pouvoir à la fois spirituel et politique. « J’ai fait un rêve, dit-il, ce serait que le plateau tibétain tout entier devienne un lieu de refuge libre où l’humanité et la nature pourraient vivre en paix dans unéquilibre harmonieux. Ce serait un endroit où les gens du monde entier pourraient venir chercher le vrai sens de la paix en eux-mêmes, loin de la tension et de la pression du monde entier ».

« J’ai fait un rêve »… En imitant ainsi Martin Luther King, le Dalaï-Lama désigne un horizon pour ceux que l’expérience bouddhiste séduit aux quatre coins du monde. Mais la question demeure : qu’en est-il du Tibet réel du XXIe siècle? Il ressemble de moins en moins à ce que les centres de méditation bouddhiste voudraient qu’il soit. Déjà, la Chine qui y étend son contrôle n’en donne pas la même définition géographique et l’avenir qu’elle entend lui donner est tout autre, déterminé par l’économique. C’est pour elle un château d’eau et un trésor de minerais. Une terre de développement dont la planification rationnelle bute cependant sur des énigmes qui ne se laissent pas résoudre : la langue et, plus largement, la culture tibétaine résistent au colonisateur.

Site de la société française d'études du monde tibétain.

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