Rediffusion du 28/12/2012

__

Le nazisme attribuait le jazz à la lourde sensualité nègre et à la lâche sensualité juive - à moins que ce ne fût l'inverse. Les staliniens, qui n'appréciaient pas davantage la sexualité débridée, étaient tentés par d'autres associations idéologiques. Comment, se demandaient-ils, pareille musique avait-elle pu naître d'une culture populaire ? N'était-elle pas clairement passée sous influence capitaliste ?

"Le Premier Orchestre Excentrique de la République fédérale socialiste de la Russie" – le jazz-band de Valentin Parnakh en 1922
"Le Premier Orchestre Excentrique de la République fédérale socialiste de la Russie" – le jazz-band de Valentin Parnakh en 1922 © domaine public

Selon les périodes, le pouvoir fut tantôt patelin, tantôt hostile. Le grand chef Rosner fut ainsienvoyé au goulag mais autorisé à constituer un orchestre pendant qu'à Moscou, on interdisait un morceau de Prokoviev parce qu'il nécessitait un saxo. Dans les toutes dernières années de Staline , on s'étonnait qu'une pièce de marionnettes dénonçant Hollywood attirât tant de monde, c'est qu'on y "jouait" les disques de jazz d'Amérique .

En 1971, quandDuke Ellington put venir en visite, les musiciens qui l'avaient dénoncé comme bourgeois le recevaient sincèrement comme l'enfant prodigue qu'ils avaient attendu toute leur vie.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.