Les historiens sont fils de leur temps plus que leurs pères. La formule est particulièrement vraie pour les historiens qui œuvrent entre la Restauration et le début de la Troisième République. Ils vivent successivement les révolutions de 1830 et de 1848 et, après le retour de l'Empire, la défaite de Sedan. Nécessairement passionnés de politique, ils constatent que le destin de la France, décidément, est le mouvement. Mais quand ils remontent vers ses origines, le fil se brise aussi entre leurs mains.

Le baptème de Clovis - Miniature anonyme
Le baptème de Clovis - Miniature anonyme © domaine public / BNF

Rien n'est plus passionnant que de voir apparaître chez eux un vocabulaire qui ne parvient pas à la stabilité. Identité nationale, déjà parfois, conscience nationale, Sentiment national, personnalité française... Ils s'entendent généralement sur le mot nation. Mais alors où situer son berceau ? Pour l'école catholique, c'est simple : pas de berceau sans baptême, pas de nation sans baptême de Clovis. Mais pour les autres, qui n'ont pas recours à la Providence ? Faut-il faire fond sur les Gaulois, les Germains ou les Francs ? Et si ces familles sont des races, Le fait de race serait-il décisif dans l'histoire de France?

Michelet viendra qui dira que la France n'est pas contenue dans un seul germe mais dans sa géographie et qu'elle est perpétuel enfantement. Mais, jusqu'à la guerre de 1870, quels débats !

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