Séance scandaleuse à la Chambre des députés - Le Petit Journal - Supplément illustré du 6 février 1898
Séance scandaleuse à la Chambre des députés - Le Petit Journal - Supplément illustré du 6 février 1898 © domaine public

« Il faut toujours en République revenir à l’affaire Dreyfus, elle est éternelle, elle vit en nous ». Ainsi parlait Charles Péguy. En janvier 1898, alors qu’elle entre dans son second volet, sa fécondité n’apparaît pas encore : elle est comme électrisée par les jeux politiques du moment. Rappelons les faits : l’ex capitaine Dreyfus, condamné en décembre 1894 par un conseil de guerre pour trahison au profit de l’Allemagne, est enfermé depuis près de trois ans à l’Ile du Diable. Le commandant Esterhazy, dont quelques-uns sont déjà persuadés qu’il est le véritable coupable, vient d’être acquitté par un autre conseil de guerre. Dreyfus ne peut revenir innocent, ce serait reconnaître que l’Etat-major est responsable. La Troisième République qui s’est peu à peu donné la force de gouverner n’a pas encore vraiment réglé son rapport avec la caserne militaire. À la caserne, celui-ci impose aux citoyens un comportement infantilisant. Son Etat-major tient de la jésuitière, sa justice propre agit en dehors du droit commun. C’est en tout cas ce que commence à penser le député d’extrême-gauche Jean Jaurès. Mais le gouvernement républicain alors dirigé par Jules Méline, qui a la réputation d’être un peu une souche, et par le Général Billot, qui passe pour un aboyeur ; continue de défendre mordicus les décisions des conseils de guerre. La chose est jugée, il n’y a pas à y revenir. Quelques hommes politiques sont sur une position intermédiaire. Godefroy Cavaignac par exemple, même s’ils reste convaincu de la culpabilité de Dreyfus, s’inquiète du secret qui continue d’entourer les pièces à conviction. C’est alors qu’interviennent dans des sens qui vont être divers, ceux qu’on va appeler les « intellectuels ». La justice disent-ils, est un bien commun au nom duquel chaque citoyen peut demander des explications et intervenir sur la place publique. Le surlendemain de l’acquittement d’Esterhazy, Zola le fait en rédigeant une lettre ouverte au Président de la République Félix Faure que L’Aurore le quotidien de Clémenceau, publie sous le titre « J’Accuse ». Aussitôt, les interpellations surgissent à la Chambre qui est présidée par Henri Brisson.

Distribution, sous la direction artistique de Michel Favory :

Gilles David

Jérôme Pouly

Benjamin Lavernhe

Alain Lenglet

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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