On le surnommait le mirobolant. Le lion de Belfort parfois parce que, bien avant Jean-Pierre Chevènement, il avait été le député de cette ville-emblème.

Portrait d'André Tardieu en 1919
Portrait d'André Tardieu en 1919 © Getty / Hulton Archive

On le surnommait le mirobolant. Le lion de Belfort parfois parce que, bien avant Jean-Pierre Chevènement, il  avait été le député de cette ville-emblème. 

Dans les années trente, face aux dangers qui se multipliaient en Europe, il en avait appelé au ressaisissement de la France. Celui-ci passait par une réforme de l’Etat. A compter de 1933, il consacra son activité à cette question, prioritaire pour lui.

Les rapprochements entre notre période et celle de Tardieu trouvent très vite leurs limites. On peut tout de même dire qu’à l’époque comme aujourd’hui, les promoteurs de la  pacification internationale avaient été démentis par les faits  et  qu’à l’intérieur, ceux qui croyaient à la démocratie représentative traditionnelle avaient perdu leur crédibilité. Tardieu, qui avait été un excellent parlementaire, en appelait maintenant à la « profonde France », comme il disait, face à « la  France de surface ». Une de ses préconisations pour permettre la participation active du peuple était l’introduction du référendum. 

Juste un an après que Tardieu avait lancé sa campagne, les anciens combattants et les ligues nationalistes organisaient à Paris le 6 février 1934 des manifestations qui tournèrent à l’émeute et faillirent emporter le régime. L’ancien président de la République Gaston Doumergue fut rappelé de sa campagne de Tournefeuille où il taillait ses rosiers. Tardieu fut chargé de la réforme de l’Etat dans son cabinet. Pendant six mois, le débat s’instaura puis il fut rapidement désamorcé. A la fin 1934, Tardieu claqua la porte et continua son combat en solitaire. En vain, jusqu’à ce que les promoteurs de la Vème République reprennent sans lui rendre publiquement hommage certaines de ses propositions.

Il faut reconnaître à Tardieu le mérite d’avoir cherché à redresser l’esprit public sans passer par l’appel aux chefs. Voulant des pouvoirs plus justes et plus rationnels, il n’a cherché à convaincre que par la force de la raison. C’était impossible face aux passions collectives irrationnelles du moment.

Bibliographie :

André Tardieu. L'incompris de Maxime Tandonnet (Editions Perrin).

Les parias de la République de Maxime Tandonnet (Editions Perrin).

Au coeur du volcan. Carnets de l'Elysée, 2007-2012 de Maxime Tandonnet (Editions Flammarion).

Refaire la République. André Tardieu, une dérive réactionnaire, 1876-1945 de François Monnet (Editions Fayard).

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