On sait que le Niger a aujourd’hui beaucoup de difficultés à faire face aux raids djihadistes et aux rébellions locales qui se multiplient sur son territoire, deux fois grand comme la France. En ces temps de troubles, il est plus difficile que jamais de faire respecter les frontières du pays – 1500 kms avec le Nigéria.

Caravane dans les dunes d'Arakao au Niger
Caravane dans les dunes d'Arakao au Niger © Getty / Maurice ASCANI

Il faut dire que les Africains ont rarement tenu un compte précis des frontières telles que les avaient voulu le colonisateurs, avec leur esprit géométrique. Sur le terrain, les administrateurs français eux-mêmes avaient d’ailleurs pris des libertés avec elles, au motif qu’il fallait que le système fonctionne tant bien que mal.

En réalité, pour les Africains, la frontière que les groupes ethniques enjambent par tradition est définie par ses usages plus que par ses interdits. 

C’est dire que les efforts de l’armée nigérienne pour les contrôler sont voués à être recommencés toujours et toujours. Et pareillement,  les lois du gouvernement sur les migrations sont difficiles à appliquer. Elles paraissent pourtant draconiennes, punissant de prison ceux qui nourrissent et logent les migrants illégaux.

Mais qu’est-ce que des frontières de papier quand les frontières, en vérité, sont de câble ?

Bibliographie 

  • Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger, XIXe-XXe siècles de Camille Lefebvre (Editions de la Sorbonne).
  • Article - La décolonisation d'un lieu commun; L'artificialité des frontières africaines : un legs intellectuel colonial devenu étendard de l'anticolonialisme par Camille Lefebvre, Revue d’histoire des sciences humaines N° 24, 2011 “Décolonisation et sciences humaines” sous la direction de Claude Blanckaert et Jean-Christophe Marcel.
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