La Ville des Villes telle que la parcourent 10 millions de touristes l'an, c'est une métropole. Avec son interminable port et ses bateaux qui partent vers la mer de Marmara. Avec sa gare asiatique où arrivèrent tant d'immigrants. De métropole, elle est devenue une mégalopole où il est difficile de faire des statistiques tant « l'habitat spontané», irrégulier est important. 14, 15, 17 millions de personnes dans l'agglomération ?

Vue panoramique d'Istanbul depuis la Tour de Galata en 1870
Vue panoramique d'Istanbul depuis la Tour de Galata en 1870 © domaine public

Les nouveaux arrivants n'ont évidemment pas le même rapport à la cité que les plus vieux stambouliotes. Si, d'aventure, un referendum était organisé sur l'aménagement de la place Taksim, il ne donnerait pas des résultats identiques à Beyoglu, attaché aux perspectives européennes, et dans les quartiers périphériques.

Pourtant, l'attraction d'Istanbul tient à la contradiction dans laquelle l'histoire l'a faite vivre. La ville ne serait pas elle-même si elle n'était une énigme. Elle demeure sur une ligne de faille. Au propre et au figuré: la grande fracture nord-anatolienne n'est pas loin et, d'ailleurs, un séisme est attendu dans les prochaines années. A moins qu'il ne faille déjà considérer comme tel la récente protestation de Taksim, laquelle marque en tout cas la fin des Dix Glorieuses du Premier Ministre Erdogan, ancien maire d'Istanbul.

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