Frontispice du premier volume de L'Astrée, roman d'Honoré d'Urfé - Edition Le Bray, Paris - 1612
Frontispice du premier volume de L'Astrée, roman d'Honoré d'Urfé - Edition Le Bray, Paris - 1612 © domaine public / BNF

L’insécurité est partout, même dans la langue ! Souvent, nous repérons des constructions de phrases qui regardant dans plusieurs directions à la fois, paraissent donc louches. Et partout nous voyons des mots bas, comme disait Vaugelas. Vaugelas qui, en 1647, appelait à un usage commun, scellé par un pacte reconnu de tous : une fois la syntaxe mise en ordre de bataille et les mots bien triés, la langue atteindrait clairement sa cible !

Comme nous ne trouvons pas aujourd’hui cette netteté tant désirée, nous supposons qu’elle a pu exister au XVIIe siècle. A l’aube de la période, Malherbe était venu et en 1694, l’Académie avait publié la première édition de son Dictionnaire. La « langue du roi » était-elle pour autant une et indivisible ?

Non, évidemment.

Le buissonnement des parlers dialectaux était toujours aussi touffu. L’ombre du latin était toujours forte, notamment sur l’orthographe qui, étant l’affaire des maîtres d’écriture et des imprimeurs, restait d’ailleurs très libre. Elle ne préoccupait guère les théoriciens. Ceux-ci avaient assez à faire avec l’inventaire des mots : le monopole supposé du Dictionnaire de l’Académie est aussitôt contesté par d’autres qui fleurissent simultanément. La grammaire est aussi un lieu fort instable : mais comment établir une syntaxe propre au français ?

Nous imaginons que les contemporains du XVIIe siècle avaient su stabiliser les questions que nous nous posons. Ils avaient au contraire l’exacte conscience d’être au début du treizième des travaux d’Hercule, dont nous-mêmes ne verrons pas la fin.

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