C’était au début de 1969. Le général de Gaulle disposait d’une forte majorité à l’Assemblée et il avait devant lui quatre ans de mandat encore. Mais il voyait bien qu’après mai, l’ordre n’était rétabli que provisoirement. Il savait que l’Etat était comme assiégé par la société, il cherchait une sortie.

Le général de Gaulle votant au referendum du 27 avril 1969
Le général de Gaulle votant au referendum du 27 avril 1969 © Getty / Keystone-France

C’était au début de 1969. Le général de Gaulle disposait d’une forte majorité à l’Assemblée et il avait devant lui quatre ans de mandat encore. Mais il voyait bien qu’après mai, l’ordre n’était rétabli que provisoirement. Il savait  que l’Etat était comme assiégé par la société, il  cherchait une sortie.

Emmanuel Macron qui est aujourd’hui dans une situation qui n’est pas sans rappeler celle du général fait dire qu’il n’exclut pas un référendum. Pour le général, c’était la meilleure arme. De Gaulle le concevait comme une cérémonie qui, à chaque fois, l’avait  re-légitimé. Mais en la matière, il faut toujours jouer serré. Peser la question, d’abord. Et prendre garde si on veut en poser plus d’une. Or, cette année 1969, le général en avait au moins deux en tête. Il proposait de faire des 21 régions le cadre nouveau pour tout ce qui touchait localement la vie de la nation et il voulait en même temps transformer le Sénat en une assemblée des forces vives. La seule énonciation de ce double objectif était difficile à faire comprendre. Surtout que de Gaulle l’inscrivait dans un projet de participation qui n’était qu’à lui ? La participation, qu’est-ce que c’était ? Et ces deux questions qui se chevauchaient, n’étaient-elles pas trop techniques ?

L’histoire est faite de résurgences qui peuvent soudain réapparaître. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on s’interroge sur les propositions qu’on pourrait soumettre demain à référendum. Depuis le rôle nécessaire qu’il a tenu dans l’affaire Benalla, le Sénat semble redevenu intouchable. Mais comment redéfinir le rôle des collectivités locales et des élus qui les conduisent ? Et comment formuler cela clairement surtout si on veut en même temps diminuer le rôle des parlementaires ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment cela que le grand débat a mis en avant par priorité ?

A l’heure du vote en avril 1969, le général de Gaulle, à bien y regarder, était resté au même étiage qu’au premier tour de la présidentielle de 1965. Sauf que, pour gagner un référendum, il faut 50% plus une voix.

Bibliographie :

De Gaulle 1969, l'autre révolution de Arnaud Teyssier (Perrin).

Philippe Séguin. Le remords de la droite de Arnaud Teyssier (Perrin).

Histoire politique de la Ve République. 1958-2011 de Arnaud Teyssier (Perrin). 

"Ma République". Apocryphe de Charles de Gaulle de Yves de Gaulle (L'Observatoire).

De Gaulle 50 ans après, Mars 2019 (Revue Books).                                  

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