Même au plus fort de la guerre, Clemenceau ne cessa jamais de visiter son vieil ami Monet à Giverny. Il l’avait connu dès les années 1860. En 1895, il avait publié un grand article sur sa série Les Cathédrales. Dans les années du conflit mondial, il l’encouragea à poursuivre la série, plus ample encore, des Nymphéas.

Claude Monet et Georges Clemenceau dans les jardins de la maison du peintre à Giverny
Claude Monet et Georges Clemenceau dans les jardins de la maison du peintre à Giverny © Getty / .

C’est un an après qu’il a été nommé président du Conseil que Clemenceau obtient l’armistice. En novembre 1917, la situation paraissait si sombre, si difficile à renverser qu’à son arrivée hôtel de Brienne, ses collaborateurs avaient  offert au futur Père la victoire un… Don Quichotte par Daumier.

Aux pires moments comme aux meilleurs, on voit que la peinture était présente à l’esprit de Clemenceau. Il considérait d’ailleurs que l’activité artistique surpassait l’action politique, en tout cas qu’elle appartenait à un registre supérieur.

Le jardinage lui importait aussi beaucoup

Une des plus belles photos qu’on connaisse de lui le montre respirant une rose… le visage aspiré par une rose.

Aussi, même au plus fort de la guerre, ne cessa-t-il jamais de visiter son vieil ami Monet à Giverny. Il l’avait connu dès les années 1860. En 1895, il avait publié un grand article sur sa série Les Cathédrales. Dans les années du conflit mondial, il l’encouragea à poursuivre la  série, plus ample encore, des Nymphéas. « Monet, vous tenez une ligne du front…La commande que vous vous êtes passée à vous-même avec ces grands panneaux, vous la devez à la France, à tous ces jeunes hommes qui ne sont pas revenus des tranchées… »

Après avoir quitté le pouvoir, Clemenceau veilla à l’achèvement des Nymphéas et à leur transfert à l’Orangerie. Ce fut une autre lutte car il lui fallut combattre la tentation qu’avait  Monet de renoncer et le sauver de lui-même. Mais, disait Clémenceau,  « avec un peintre qui a si souvent crevé ses toiles et qui meurt de rage devant les faiblesses de ses œuvres, il y a toujours de l’espoir. » C’est comme avec la France : lorsqu’elle désespère d’elle-même, elle est peut-être plus proche que jamais de son relèvement.

Site de la fondation du Musée Clemenceau

Programmation musicale : "Prélude en la mineur" de Ravel (interprété par Robert Casadesus)

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