Officiellement, le vocabulaire a changé. L’administration royale ne se désigne plus comme le makhzen – le magasin, le trésor caché qui dispensait la manne aux solliciteurs.

Le prince héritier Moulay Hassan et son père Mohammed V en 1950
Le prince héritier Moulay Hassan et son père Mohammed V en 1950 © domaine public

Aujourd’hui, le roi se réfère aux modèles occidentaux de légitimation du pouvoir, du moins quand il parle en français, en direction de l’extérieur.. Ainsi une Constitution a-t-elle été rédigée il y a un demi-siècle et, depuis, révisée dans un sens apparemment libéral : on en viendrait presque à croire que la monarchie marocaine s’aligne sur celles de l’Europe.

Il n’en est rien. L’article 19 de ladite Constitution consacre le roi « représentant suprême de la nation ». Pour endiguer et diviser l’islamisme qui monte, il met de plus en plus en avant son titre de Commandeur des croyants. Sa légitimité reste sacrale et le contrat tacite qu’il a avec son peuple passe par l’allégeance.

S’il en était autrement, la peur du roi disparaîtrait chez ses sujets mais aussi la fascination qu’il continue d’exercer sur beaucoup de clients occidentaux qui attendent qu’il règne , impavide, sur un système secret et assez fastueux pour les recevoir.

Est-ce le destin de la monarchie marocaine que de paraître toujours inaltérable dans un pays qui, socialement, vit constamment à la limite de la rupture ?

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