La grande rébellion qui commence en 1640 et qui va aboutir à la décapitation de Charles Ier s’était annoncée par de nombreux signes de dissensus. Dissensus entre presbytériens et puritains...

Portrait de Charles 1er roi d'Angleterre par Antoine van Dyck
Portrait de Charles 1er roi d'Angleterre par Antoine van Dyck © Getty / Universal History Archive

Ce 14 octobre, la reine prononce le traditionnel discours du trône.

Elle le lit depuis la Chambre des Lords. Depuis que Charles 1er a eu la mauvaise idée de venir lui-même aux Communes en 1640, d’y prendre la place du président et d’annoncer sa volonté d’arrêter quelques leaders du Parlement, le souverain ne peut plus pénétrer dans l’enceinte de la chambre haute. Une coutume respectée encore aujourd’hui témoigne d’ailleurs de la défiance réciproque qui tourna entre 1642 et 1649 à la guerre civile : un parlementaire-otage demeure à Buckingham pendant le discours du trône, au cas où le Parlement, de son côté, voudrait se saisir du souverain.

Autre coutume révélatrice : avant le discours, des hallebardiers fouillent les caves voisines de Westminster – souvenir, cette fois, d’un complot fomenté par les royalistes à l’aube de ce XVIIème anglais si tourmenté.

La grande rébellion qui commence en 1640 et qui va aboutir à la décapitation de Charles Ier s’était annoncée par de nombreux signes de dissensus. Dissensus entre presbytériens et puritains : le roi ne pouvait tolérer des églises indépendantes sans prêtres nommés par les évêques successeurs des apôtres : « no bishop no king ».

Le roi ceignait trois couronnes mais il n’y avait pas alors de Royaume-Uni, seulement trois royaumes distincts: l’Angleterre, l’Ecosse et  l‘Irlande qui était surtout une colonie. La révolution écossaise a précédé l’anglaise en 1640 et la révolte des catholiques d’Ulster en 1641 a cristallisé le ressentiment des anglais.

Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que les évènements de cette période font encore écho aujourd’hui.

Bibliographie :

  • La révolution anglaise. Une rébellion britannique 1603-1660 de Bernard Cottret (Perrin).
  • Cromwell de Bernard Cottret (Fayard).
  • Histoire de l'Angleterre. De Guillaume le Conquérant à nos jours de Bernard Cottret (Tallandier).
  • Charles 1er. L'honneur et la fidélité de Michel Duchein (Payot).
  • La Révolution anglaise 1640 de Christopher Hill (La Passion).
  • Cromwell, les niveleurs et la République de Olivier Lutaud (Aubier).
  • Milton, de la famille à la République. Droit au divorce et droits des peuples de Christophe Tournu (Honoré Champion).
  • Le puritanisme de Armand Himy, Paul Angoulvent (PUF).
  • L’effondrement du pouvoir royal anglais (1640-1649) in Etat, Pouvoirs et Contestations dans les monarchies française et britannique et dans leurs colonies américaines (vers 1640-vers 1780), dir. Déborah Cohen, (Ellipses).
  • Haffemayer S. La naissance du mythe de Charles Ier “prince martyr” dans la France de la Fronde. In : Paul Chopelin, Sylvène Edouard (dir.), Le sang des princes. Cultes et mémoires des souverains suppliciés, XVIe-XXIe siècle, (Presses Universitaires de Rennes).

Site Les Amis de Bernard Cottret et de l'Art Lyrique

Film Cromwell de Ken Hughes, 1970.

Musique The Battle : The march of the footmen par William Byrd, 1998.

Les invités
  • Bernard CottretProfesseur émérite de civilisation des îles Britanniques et de l’Amérique coloniale à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines
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