Longtemps, Bayard a habillé large. Après la bataille de Pavie en 1525 qui mit fin à trente-cinq ans d’aventures françaises en Italie, et alors qu’il était déjà mort, il fut bien utile pour protéger la fierté française des avanies infligées par Charles-Quint. C’est à ce moment que son personnage fut créé. Il permettait à François Ier d’en revenir à l’époque heureuse de Marignan, 1515. Ce fut ensuite, constamment, le rôle de la légende de Bayard : sonner par tous les temps l’heure de la vertu dans la gloire.

Aujourd’hui, la critique des documents a essoré le chevalier de telle manière qu’il en est sorti tout rétréci. Il est vrai qu’il ne fut de l’histoire qu’un acteur secondaire. Mais du héros de roman, que reste-t-il ?

Son nom se détache sur fond de guerres d’Italie. Or les historiens nous décrivent maintenant celles-ci comme un moment d’expansion inouïe de la violence, avec des armées bien plus considérables qu’avant, une brutalité terrible, une artillerie qui fait exploser les corps dans leurs armures comme des homards dans leur carapace. D’ailleurs, en 1524, Bayard est blessé à mort par un coup d’arquebuse, de surcroît tiré dans le dos. « Ne vous donnez mélancolie », lui aurait dit alors le connétable de Bourbon. N’est-ce justement pas la mélancolie que pourrait incarner aujourd’hui Bayard ? Nous savons aujourd’hui que les mœurs militaires des guerres d’Italie n’avaient plus rien de civil et qu’elles marquaient le crépuscule de toute chevalerie. Notre époque comprendrait mieux le roman de Bayard si nous disions qu’il était mort, non pas baigné de gloire mais de tristesse.

Bayard sur le pont du Garigliano - Henri Félix Emmanuel Philippoteaux - 1840
Bayard sur le pont du Garigliano - Henri Félix Emmanuel Philippoteaux - 1840 © domaine public / RMN

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Exposition "Bayard, enfant du Grésivaudan et héros national" au Musée d'Allevard

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