Pour « brancher » le Marais, il a fallu « désactiver » bien des personnes.

Vue de l'intersection de la rue des Écouffes et des Rosiers en 1932
Vue de l'intersection de la rue des Écouffes et des Rosiers en 1932 © Getty / Keystone-France

Au cœur de Paris, le Marais est devenu une immense vitrine. Vitrine de l’histoire pendant les journées du Patrimoine. Vitrine de la culture contemporaine avec le Centre Pompidou et le Musée Picasso. Vitrine des échanges homosexuels. Vitrine du commerce tout court. Nous sommes dorénavant dans une ZTI type, une zone touristique internationale, telle que l’ont voulue MM. Macron et Fabius. La maxime, c’est business à tous les étages puisque nombre de propriétaires se sont mis à louer à la petite semaine leurs appartements aux étrangers de passage.

La lave de la consommation compulsive a recouvert ce qui fut auparavant un secteur sauvegardé pilote. Un ministre des temps anciens, André Malraux, avait fait voter en 1962, une loi de réhabilitation du patrimoine qui s’appliqua à partir de 1964 dans le Marais. On lui doit la mise en valeur des anciens hôtels aristocratiques entre cour et jardin que beaucoup vont visiter de plus près pendant les Journées du Patrimoine.

Ce fut le moment où le Marais, qui réunissait jusque-là une population plus ouvrière que la moyenne de Paris, devint le quartier le plus riche en professions intellectuelles et artistiques. Pourtant, sans l’entremêlement des ateliers dans les vieilles cours, les hôtels n’auraient pas été conservés. Mais il ne fut pas fait grâce aux locataires qui ne pouvaient plus assumer l’augmentation des loyers qu’impliquait la restauration. Auparavant, l’occupation n’avait pas fait grâce non plus aux habitants juifs. Mais alors, c’était au nom de la lutte contre l’insalubrité qu’on prétendait « aérer » le quartier.

Décidément, pour « brancher » le Marais, il a fallu « désactiver » bien des personnes.

Les visites organisées dans le Marais pour les journées du patrimoine qui auront lieu les 17 et 18 septembre 2016.

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