"Le roquet qui aboie peut-il mordre?" C'est un proverbe coréen et la question du moment.

S'il ne tenait qu'à elle, la Corée du Sud pourrait se rengorger d'être devenue la vitrine de la mondialisation culturelle et de la démocratie numérique.

Mais l'existence, en face, d'un musée du stalinisme fossile la renvoie constamment au danger. Et à la mémoire.

Soldats d'un régiment d'infanterie du Missouri lors de la guerre de Corée
Soldats d'un régiment d'infanterie du Missouri lors de la guerre de Corée © National Archives and Records Administration

Si on additionne les morts, civils et militaires, de la guerre qui commença en 1950 et scella la partition en 1953, on parvient à un total de 5 millions. Un coréen sur 6 ! On peut parler de suicide national - encore que ceux qui mouraient le choisissaient rarement et invoquaient peu les motifs idéologiques que leur prêtaient leurs chefs locaux et les deux camps pour lesquels ils étaient sensés combattre : occidentaux d'un côté, communistes de l'autre. "Quand les baleines chahutent, les crevettes en ont le dos rompu" . Autre proverbe coréen.

Le résultat de la guerre, c'est en effet un pays brisé. La frontière la plus militarisée du monde. Deux armées disproportionnées. Une Corée du Sud qui réussit une performance inattendue mais court toujours sur le fil. Une Corée du Nord qui semble inassimilable à tout système mais détient une carte : la carte atomique.

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