Le président Johnson officialise la mise en vigueur de Medicare Bill en présence de Harry Truman le 30 juillet 1965
Le président Johnson officialise la mise en vigueur de Medicare Bill en présence de Harry Truman le 30 juillet 1965 © domaine public / Lyndon Baines Johnson Library

L’abondance et la liberté pour les Etats-Unis, libérés de l’injustice raciale… Ainsi parlait le président Johnson, il y a cinquante ans.

Comparé à Kennedy qu’il avait dû remplacer au pied levé après son assassinat, le bonhomme ne paraissait pas aimable. Peu de principes, encore moins de manières : c’était un texan mal dégrossi. Au mépris social dont il était entouré, s’ajoute le souvenir de l’engagement à marches forcées dans la guerre du Vietnam. Johnson reste comme un président maudit.

En politique extérieure, il a en réalité prolongé les choix de Kennedy, lequel considérait que la politique intérieure américaine n’avait pas de frontières et que son champ naturel était le monde.

En politique intérieure, en revanche, il a fait bien davantage que son prédécesseur : il a déplacé les frontières ! Les noirs ont été protégés, enfin, de la discrimination raciale qui régnait par la loi dans les états du Sud. Les pauvres, grâce au projet multiforme de « Grande Société », ont été appelés à attendre un autre horizon que la misère et la fatalité et aidés dans leur promotion.

Il ne s’agit pas d’oublier le Vietnam ni de considérer Johnson à l’aune de l’état-providence à l’européenne. Tout de même, ses six ans de présidence, ce n’est pas seulement une « mauvaise guerre » mais aussi au moins deux grandes lois, l’une anti-raciale, l’autre sociale. Ce président était obstiné dans ses choix et il pouvait réussir aussi, grâce à son habileté à la manœuvre.

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