Pour retrouver l’histoire d’un paysage, vous disposiez jusqu’ici de votre œil. Vous observiez, vous lisiez les noms des lieux sur les panneaux et ceux des habitants d’autrefois sur les plaques mémorielles. Vous allez de plus en plus pouvoir écouter : ce sera une autre façon pour le passé de se raconter.

Buste de Ramsès II au British Museum
Buste de Ramsès II au British Museum © Getty / Richard Baker

Explication. Un exemple pionnier nous est venu il y a quelques années d’une vallée qui, à l’ancienne frontière du Dauphiné et de la Savoie, était si isolée qu’on l’appelait Cul de France, Fond de France. Riche en eau, en bois et en minerai de fer, elle s’était vouée à la métallurgie. Elle fut pendant la Deuxième Guerre un refuge pour les indésirables et les maquisards. C’est maintenant un petit paradis pour les randonneurs et les skieurs. Vous y promenant à pied ou en raquettes l’hiver, vous pouvez découvrir sur votre chemin une quinzaine de totems. Si votre I-phone est muni de l’application Flash code, vous avez le loisir de déclencher, à chaque totem, un récit sonore qui vous fait entendre ce qu’on ne voit plus dans la vallée : le travail de la mine et celui des champs, la frappe des martinets au bord de l’eau et les coupes dans la forêt…

A Fond de France, on parle modestement de sentiers sonores. Dans  la capitale, où nous allons revenir, inévitablement, une « ballade sonore » vient d’être mise au point qui nous permet de rencontrer les gens de la Seine du XVIIe ou du XVIIIe siècles

D’autres initiatives surgiront. Les unes seront le fait d’amateurs au meilleur sens du mot : l’équipe de joyeux drilles de Fond de France travaille sous le regard d’un historien local d’une qualité exceptionnelle qu’elle surnomme Haut Breda Universalis. Les autres, comme Gens de la Seine, sont de chercheuses engagées dans les enjeux présents.  Il n’y a pas de raison que les nouveaux usages de la médiation historique soient captés par des start-up qui, au prétexte qu’elles maitrisent le numérique, se contentent d’un contenu fort pauvre.

Références

Bibliographie :

Paris au fil de la Seine dévoilé de Isabelle Backouche (Hachette tourisme).

Aménager la ville. Les centres urbains français entre conservation et rénovation (de 1943 à nos jours) de Isabelle Backouche (Armand Colin).

La trace du fleuve. La Seine et Paris (1750-1850) de Isabelle Backouche (EHESS).

Sites internet :

Gens de la Seine : Disponible gratuitement, en français et en anglais, Gens de la Seine est un parcours sonore de 19 récits, riches de tous les bruits, les rires, les disputes et les histoires des riverains d’autrefois. Il s’inscrit dans la collection de récits sonores Gens de Paris qui vise à faire découvrir l’histoire de la capitale à partir du vécu de ses habitants. 

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Paris révolutionnaire : Ce site est totalement désintéressé et tient à le rester.    Son seul but est de participer à transmettre, à partir des lieux les plus précis possible, la mémoire de ce qui, au long des siècles, a œuvré au progrès ; et cela sous deux formes :

► celle d’une base de données constituée de mini-fiches consultables par arrondissements, par quartiers, par rues, par personnages, par évènements...    ► ou celle de flâneries dans le dédale des rues de Paris.

Au cours de ces balades, nous évoquerons bien sûr des événements et des personnages "révolutionnaires", au sens politique, mais aussi de tout ce qui a fait avancer l’Humanité dans les domaines les plus divers : celui des idées, celui des sciences, des techniques, des arts, de la culture en général… du progrès social.

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Chanson Les quais de la Seine de Lucienne Delyle.

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