Pierre Vidal-Naquet disait qu'il était un maître de liberté. Il faut l'imaginer à Toulouse, pendant l'Occupation, en manches de chemise et en en sandales parlant devant 45 gaillards de classes préparatoires qu'il quittait rapidement pour enfourcher son vélo et rejoindre ses camarades de l'Armée secrète.

Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant © Louis Monier

Puis en séminaire à l'Ecole des Hautes Etudes, réfléchissant à haute voix devant quelques collègues, savants comme lui. Et enfin, après 1974, au Collège de France. Introduit par un huissier -"Monsieur le Professeur" - et se retrouvant face à un auditoire aussi divers que celui de France Inter : des hellénistes ici et là mais aussi bien des pharmaciens, des étudiants avides, des retraités curieux et aussi quelques clochards. Parfois il aurait eu envie de baisser la voile, de boire un coup et de chanter un morceau avec eux. Mais on attendait tant de Vernant...

En 1944, il en était venu à commander 45 000 FFI sans l'avoir cherché. Dans les études grecques auxquelles il vint ensuite, sur le tard, il fit preuve de la même autorité naturelle et fraternelle. Il a donné un coup de jeune à la Grèce, lui rendant les couleurs et le goût que ses statues, ses monuments et d'abord ses hommes avaient eu certainement mais que les académies et les humanités classiques leur avaient souvent enlevés.

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