La préfecture de Seine Saint-Denis à Bobigny en 2007
La préfecture de Seine Saint-Denis à Bobigny en 2007 © cc / Clicsouris

En matière de maintien de l’ordre, l’état d’urgence vient de rappeler quel pouvait être l’imperium des préfets. Nommé en 1993 en Seine-Saint-Denis, notre invité, Jean-Pierre Duport eut plus d’une fois à affronter des situations tendues.

Il quitta pourtant son immense bureau babylonien de Bobigny en versant des larmes. Ne dit-on pas de ce département que s’y élabore le meilleur miel de France ? Nulle part ailleurs, les abeilles n’ont à butiner des fleurs aussi diverses.

De 1998 à 2002, autre décor. La préfecture de la région Ile-de-France. Un hôtel particulier cette fois mais toujours le pavillon tricolore et une table : « Un préfet, disait Poincaré, c’est un drapeau et une cuisinière. » Sauf qu’aujourd’hui, surtout dans une métropole de dimension mondiale, le préfet est devenu le garant du futur par la modélisation de l’espace. Quelle politique du logement soutenir ? A un certain moment de sa vie, Jean-Pierre Duport avait été surnommé « le Robespierre des HLM »… Quels équipements structurants privilégier ? Il accompagna la construction du Stade de France, dont il dit qu’au moins, « il a la gueule d’un stade ».

Mais dans une agglomération mondiale, rien ne se tient jamais d’équerre. C’est un archipel d’îles de croissance et d’îles de pauvreté qui s’ignorent et ont tendance à se dissocier. Mainteneur de l’ordre et garant du futur, le préfet du XXIème devra être social ou ne sera pas.

Que de casquettes pour un seul uniforme !

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