1525. Au Sud du Saint Empire romain germanique, les paysans s’assemblent. L’alarme retentit de toutes parts. En Souabe et aux alentours du lac de Constance. Au Tyrol comme en Thuringe. En Alsace, du Nord au Sud, et en Forêt Noire.

Portrait de Thomas Müntzer
Portrait de Thomas Müntzer © Getty / Heritage Images

1525. Au Sud du Saint Empire romain germanique, les paysans s’assemblent. L’alarme retentit de toutes parts. En Souabe et aux alentours du lac de Constance. Au Tyrol comme en Thuringe. En Alsace, du Nord au Sud, et en Forêt Noire. 

Les chroniques parlent de dizaines et de dizaines de milliers d’hommes. Et ajoutent que se joignent à eux «  gentilshommes et capitaines et davantage plusieurs clercs et scientifiques personnes qui se disent être envoyés de Dieu pour mettre police sur les abus du monde ».

Le langage parlé par les insurgés est celui de l’Ecriture qu’à cet instant précis, Luther et d’autres prédicateurs réformés sont  en train de traduire. 

L’un d’eux, Thomas Müntzer, n’est plus de ses amis quand il se porte en tête du mouvement. Alors que Luther prend grand soin de laisser aux princes la responsabilité du temporel, Müntzer en appelle au Royaume de Dieu et à sa justice, de suite. 

La question qui se pose,  dans la lignée des mouvements millénaristes et apocalyptiques de la fin du Moyen Age est bien : où est l’au-delà ? Les querelles le concernant portent en réalité sur les choses de ce monde mais il a la puissance d’advenir ici et maintenant dans ce monde.

Müntzer, « théologien de la Révolution », et Luther, partisan de la modération,  et les contemporains croient en Dieu mais aussi au diable. Dans les temps violents qu’ils traversent et qui sont pour eux brûlants comme l’Apocalypse, ils lisent les signes de Dieu mais aussi bien du diable. Luther dit : « Qui a vu Müntzer a vu le diable en chair et en os. » Aussi lui qui prêchait d’habitude la parole et l’éducation demande-t-il aux princes de jouer du poing, de l’épée et de l’arquebuse.

La répression de masse qui va intervenir au printemps 1525 va constituer une  rupture terrible dans l’histoire sociale mais aussi une césure profonde dans celle de la Réforme. Après sa lutte à mort avec Müntzer, le visage de Luther ne sera plus le même.

Bibliographie :

La guerre des pauvres de Eric Vuillard (Actes Sud).

Thomas Münzer, théologien de la révolution de Ernst Bloch (Les prairies ordinaires).

Peintres et vilains – Les artistes de la Renaissance et la grande guerre des paysans de 1525 de Maurice Pianzola (Presses du réel).

Thomas Munzer ou la guerre des paysans de Maurice Pianzola (Héros Limite).

Martin Luther de Matthieu Arnold (Fayard).

Programmation musicale : Chant luthérien dirigé par Hans Gruss.

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