Le premier lieu de culte orthodoxe en France date de 1816. C’était une simple chapelle dans l’ambassade du tsar. Poutine insiste afin d’obtenir la même extraterritorialité pour l’i

Il agit par le truchement du Patriarche de l’Eglise orthodoxe de Russie, laquelle n’a jamais pu se détacher de la tutelle du pouvoir politique que pendant une période brevissime, entre la révolution de février 17 et le coup de force bolchevik. Persécutée, elle a déclaré que les succès du régime soviétique étaient les siens; remise en selle aujourd’hui et confortablement assise sur les revenus qui lui sont concédés, elle tient encore le même discours.

Cette installation d’une fan-zone de Poutine à deux pas du Champ de Mars risque, entre autres inconvénients, d’écraser l’orthodoxie française construite par plusieurs générations de russes descendants d’émigrés et de convertis de toutes origines. Cette orthodoxie est pauvre en moyens, elle n’a que son cœur pour prier et son cerveau pour réfléchir. Elle a en conséquence développé une expérience étonnante au centre de laquelle la liberté a une valeur primordiale.

L’un des soucis de cette diaspora est le partage avec les autres chrétiens. Diaspora, rapprochement des chrétiens, ce sont deux des cinq questions que doit traiter le saint et grand concile panorthodoxe. C’est le premier depuis plus de mille ans. Il a été convoqué en Crète par le patriarche de Constantinople, primus inter pares chez les orthodoxes. Eh bien, le saint synode de l’Eglise orthodoxe de Russie qui représente la moitié des fidèles, vient d’annoncer abruptement qu’il ne s’y rendrait pas, sabotant ainsi un travail de préparation de plus de cinquante ans.

Plutôt qu’un signal d’unité au monde, la Russie préfère offrir un coup de théâtre. A moins que, dans les jours qui restent, elle ne se présente en médiatrice d’un conflit qu’elle a entretenu. C’est aussi une de ses spécialités.

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