La police nationale est mise à rude épreuve par la période d’urgence dans laquelle nous sommes entrés pour longtemps.

Manifestation anti-Sarkozy de mai 2007
Manifestation anti-Sarkozy de mai 2007 © Getty / Jean-Paul Ney

La police nationale est mise à rude épreuve par la période d’urgence dans laquelle nous sommes entrés pour longtemps. Mais, quel que soit le moment, ses membres se sentent écartelés entre trop d’exigences sans que leurs responsables puissent leur présenter une doctrine claire, durable. Contenir ou réduire le taux de délinquance, identifier les responsables pour les confier ensuite à la chaîne pénale, satisfaire « au quotidien » la demande de sécurité des Français, de plus en plus pressante… ce sont des objectifs différents et qui peuvent diverger.

Du côté des policiers, si on entend les échos des mouvements qui se sont produits ces dernières semaines, les revendications portent d’abord sur le rapport avec la hiérarchie, les effectifs, l’équipement, l’usage des armes…

Ni dans ces demandes ni dans les objectifs du ministère, n’apparaît comme une priorité la confiance de la population en sa police. Or la police, ce n’est pas seulement la BAC qui fait exploser des portes dans le J.T. La police nationale compte 148 000 personnes. Le plus grand nombre voudrait bien se faire obéir en utilisant le moins possible la force.

Autrefois, nous pouvions nous contenter de l’affichage des traditionnels taux de délinquance et de criminalité. Aujourd’hui, en la matière, nous disposons d’enquêtes qui permettent de mesurer des mouvements peu visibles mais qui sont des mouvements de fond. C’est là qu’il faut aller chercher bien des vérités cachées de la société française. Ce que nous disent ces travaux sur la confiance des Français en la police et donc sur sa légitimité en régime démocratique peut inquiéter.

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