Tous ceux qui, depuis le découvreur de 1772-1774, le chevalier de Kerguelen, ont cru pouvoir faire fortune dans l’île ont été renvoyés à leurs rêves. L’île que les hommes peuvent être tentés de juger inutile le leur rend bien. Elle ignore superbement François Garde et ses amis.

Panneau de signalisation à Port-aux-Français sur l'île de Kerguelen en 2018
Panneau de signalisation à Port-aux-Français sur l'île de Kerguelen en 2018 © AFP / STICHELBAUT Benoit / hemis.fr

François Garde a été quatre ans administrateur des Terres Australes et Antarctiques Françaises entre 2000 et 2004 et il se promettrait de revenir aux Kerguelen pour y tenter un trek, du Nord au Sud.

Isabelle Autissier qui avait démâté au large de l’île en 1994 y retourna pareillement dès 1999, taillant un chemin comparable. Mais peut-on dire qu’Autissier et son équipe ont montré le chemin au petit groupe de François Garde ? Il n’y a pas de sentiers balisés aux Kerguelen, pas de tradition orale qui les indiquerait. Seulement des labyrinthes, un sol traître au pied et du vent, encore du vent, toujours du vent. La chapelle de la petite capitale, Port-aux-Français, porte cette devise : « Ventrus est mea vita ».

Port-aux-Français - qui est davantage une base avec des habitants temporaires qu’une capitale - a été fondée en 1950. Mais autour des années 1900, des tentatives d’installations durables avaient été imaginées par des Français mais aussi bien des Anglais et des Allemands, des Norvégiens. Les bâtiments ruinés qui en témoignent peuvent apparaître de loin en loin aux marcheurs – comme les quelques cabanes disposées sur le territoire par les expéditions scientifiques depuis les années 1960.

Mais tous ceux qui, depuis le découvreur de 1772-1774, le chevalier de Kerguelen, ont cru pouvoir faire fortune dans l’île ont été renvoyés à leurs rêves. L’île que les hommes peuvent être tentés de juger inutile le leur rend bien. Elle ignore superbement François Garde et ses amis. Et leur trek de 25 jours se révèle bientôt une expédition dangereuse : qui irait chercher l’un d’eux s’il se blessait dans cet univers hostile ?

Jean-Paul Kauffmann, visiteur de l’endroit il y a un quart de siècle, disait déjà : « Telles sont les Kerguelen, personne ne vous y attend et quand vous partez, vous n’y laissez aucune trace. »

Le site de la Revue Australe et Polaire

Le site d'Archipôles, les archives polaires françaises

Le site des Terres Australes et Antarctiques Françaises

Bibliographie

François Garde Marcher aux Kerguelen Gallimard

François Garde Pour trois couronnes Gallimard

François Garde La Baleine dans tous ses états Gallimard

Jean-Paul Kauffmann L'arche des Kergeulen. Voyage aux îles de la Désolation Flammarion

Yann Libessart Les manchots de la République : un an aux Kerguelen Les Petits matins

Programmation musicale

Jacques Offenbach La Belle Hélène sous la direction de Jules Gressier

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