Une du journal "Le Petit Parisien" du 2 septembre 1933
Une du journal "Le Petit Parisien" du 2 septembre 1933 © domaine public / BNF

Les années vingt-trente voient se construire une définition idéale du métier, qu’il s’agit de professionnaliser, en définissant les codes de bonne conduite qu’il lui faut respecter. Le syndicat national des journalistes qui se crée à ce moment-là y est pour beaucoup : il obtient la mise en place de la carte de presse et des conventions collectives.

Les professionnels de la profession gardent ce souvenir de l’époque. Mais aussi un autre, plus cuisant : celui d’une corruption assez générale. Un gouverneur de la Banque de France raconte : quand un rédacteur venait me trouver, disant qu’il avait déjà un nom mais pas suffisamment d’argent pour faire opérer sa femme, je mettais la main à la poche même si sa femme se portait comme un charme. Hubert Beuve-Méry, futur fondateur du « Monde », se souvient pareillement d’un groupe de correspondants dans le bureau du roi de Roumanie. Celui-ci offre à chacun une montre pour son épouse, un journaliste se détache : « Merci, sire, ce sera pour ma régulière mais j’en voudrais bien une autre pour ma maîtresse ».

Il est vrai que les patrons de presse eux-mêmes n’étaient aucunement exemplaires. Ceux des grands quotidiens nationaux des années vingt étaient même souvent des condottieres sans foi ni loi. Soudain ils ont vu leur tirage global ne plus augmenter, leurs marges bénéficiaires diminuer, la concurrence de la radio survenir. Cette crise allait-elle détourner les patrons d’autres activités aux reins plus solides d’investir dans la presse ? Eh bien non !

La même question s’est posée dans les années trente qui nous agite aujourd’hui. Mais qu’est-ce qui attirent les capitalistes dans les médias ?

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