Le but proclamé de Justin Trudeau est d’assécher le marché noir et, par voie de conséquence, la criminalité qui s’organise autour de lui. La méthode choisie est d’encadrer strictement la production et la distribution.

Saisie de Marijuana à Toronto en 1968
Saisie de Marijuana à Toronto en 1968 © Getty / Jeff Goode

Le but proclamé de Justin Trudeau est d’assécher le marché noir et, par voie de conséquence, la criminalité qui s’organise autour de lui. La méthode choisie est d’encadrer strictement la production et la distribution. Dans chaque état du Canada, des sociétés publiques s’approvisionneront auprès de fournisseurs désignés et géreront entrepôts et boutiques. Les revenus générés devront être attribués à la recherche et à la prévention.

Peut-être saura-t-on mieux combien de canadiens usent du cannabis et comment la consommation peut glisser vers la poly-addiction. En effet, des décennies de prohibition n’ont pas permis d’établir des statistiques totalement fiables. Non plus qu’elles n’ont empêché la lente banalisation du produit.

Aussi les responsables se sont-ils laissés tenter par une politique des petits pas. Autorisation des usages médicinaux puis expérimentation de la légalisation dans l’état du Colorado, enfin légalisation sur tout le territoire fédéral.

Oubliant que l’Uruguay a déjà fait de même, le Premier ministre canadien Justin Trudeau parle d’une expérience sociale, économique, politique unique au monde et déterminante. Ses partisans en viennent  même à vanter les vertus extraordinaires des métiers que la vente à ciel ouvert du cannabis va officialiser et l’expérience qu’elle va donner à de grandes sociétés internationales qui la feront ensuite valoir sur le marché international. 

En réalité, il n’est pas du tout assuré que le marché noir disparaisse : la consommation risquant d’augmenter, la production pourra-t-elle suivre ? Et faut-il d’ailleurs souhaiter un effondrement de ce marché noir ? Elle pourrait provoquer une reconversion des vendeurs vers des produits hautement dangereux. Les effets pervers de la légalisation sont difficiles à prévoir… comme le sont ceux de la prohibition.

Le choix de Justin Trudeau, en tout cas, est habile. Il polarise l’attention et les gouvernements aiment bien imposer leur agenda à la conversation publique. Le débat dans son pays étant organisé par un rapport de forces entre les minorités – indiens, gays etc…il a su s’attirer la sympathie des nombreux fumeurs d’herbe alors qu’il poursuit en parallèle un combat inexpiable contre les fumeurs de tabac. La question du cannabis révèle décidément beaucoup des contradictions contemporaines.

Chanson La brigade des stups de Gainsbourg (Album Aux armes etc)

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