Le maréchal Pétain lors de son procès en août 1945
Le maréchal Pétain lors de son procès en août 1945 © corbis / Berliner Verlag/Archiv/dpa/Corbis

Au bout de dix-sept jours de débats, la condamnation à mort, le 15 août 1945, n’avait été obtenue, avant l’aube, que par une voix de majorité et encore le jury avait-il recommandé aussitôt qu’elle fût commuée.

Le procès, dès le départ, avait été marqué par une sorte d’hésitation. Le général de Gaulle ne l’avait pas souhaité expressément : si Pétain était resté en Suisse sans se livrer, les demandes d’extradition de Paris n’auraient pas été pressantes.

En revanche, dès que le maréchal avait franchi la frontière, il avait fallu faire vite. L’incrimination des responsables de rang moindre était comme suspendue à l’affaire Pétain.

Ce fut un procès sans parties civiles : on n’entraperçut les victimes que lorsque l’accusation et la défense le voulurent bien. « Les horreurs de Vichy, nous les connaissons tous », crut bon de dire le procureur qui se polarisa sur la prise du pouvoir du maréchal, l’attentat contre la République de l’été 40.

Les avocats, choisis in extremis, apparurent divisés. On vit le bâtonnier Payen, en principe chef de file de la défense et qui plaidait ouvertement le gâtisme du maréchal, tirer littéralement sur la robe de Jacques Isorni quand celui-ci voulait prendre de la hauteur.

Quant à Pétain, il se tut. Son silence fait encore planer comme une énigme sur le procès. En réalité, le maréchal n’aurait pu en combler les lacunes par sa parole : son grand âge provoquait chez lui des absences mais surtout il n’avait jamais été habitué à l’échange. Il avait toujours été incapable de répondre avec à-propos. En revanche, il garda belle allure : il entendit le verdict avec la même dignité qu’il mettait dans ses discours.

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