En Catalogne, Lluis Llach est plus que l’interprète numéro un. Il passait pour l’incarnation du pays quand celui-ci ne pensait pas à en devenir un.

Lluis Llach
Lluis Llach © Getty

La situation semble sans issue en Catalogne.

D’un côté les partisans de plus en plus résolus du referendum sur l’indépendance

Ils tiennent à Barcelone le gouvernement - la Generalitat - et le Parlement. Ils disent : « Votarem », nous voterons le 1er octobre.

De l’autre, le gouvernement Rajoy à Madrid

Un gouvernement qui n’a jamais su proposer de vision pour faire évoluer le statut des régions et des autonomies qui ne peut plus passer pour un modèle comme il a trente ans. Madrid campe sur sa position : quiconque prête la main aux préparatifs du référendum entre dans l’illégalité.

Les imprimeurs, les policiers, les fonctionnaires, les maires doivent choisir à quelle voix obéir : la catalane ou l’espagnole. Certains tentent de rester en retrait, comme la maire de Barcelone, pour préparer un terrain de médiation.

Luis Llach leur dit :

C’est l’heure des choix, ce n’est pas une heure pour les lâches

Lluis Llach a été très connu en France à partir de son exil à Paris, on lui sait gré ici d’admirer Brel et Ferré. Mais, en Catalogne, c’est plus que l’interprète numéro un. Il passait pour l’incarnation du pays quand celui-ci ne pensait pas à en devenir un.

Llach connaît un succès durable depuis cinquante avec, à son zénith, le rassemblement, en 1985, de 120000 personnes dans le plus grand stade de Barcelone. Il fédérait un catalanisme qui a toujours présenté des facettes très diverses. Il y avait la bourgeoisie libérale qui jugeait que Madrid entravait sa capacité d’initiative. Il y avait le clergé qui défendait le particularisme culturel comme un levier. Il y avait aussi la tradition anarcho-syndicaliste dont le rôle fut si important dans les années trente. C’est d’elle qu’à la vérité, Lluis LLach se sent le plus proche. On le sent nettement aujourd’hui.

Aux élections de 2015, tête de liste dans sa ville natale de Gérone –Gerona en castillan, Girona en catalan- Llach s’est présenté sous le label « indépendant ». Indépendant mais tête de la liste indépendantiste. Voici le temps de son dernier combat.

Programmation musicale :

Lluis Llach "Campanades a morts" (1977), "L'Estaca" (1970), "Verges" (2007), "Debilitas formidinis" (1972)

Le site de Lluis Llach

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