Vedette INS Mivtach au Clandestine Immigration & Naval Museum d'Haïfa, Israël
Vedette INS Mivtach au Clandestine Immigration & Naval Museum d'Haïfa, Israël © Bukvoed / Bukvoed

Noël 1969. Cinq patrouilleurs rapides achetés à prix d'or par Tel Aviv mais mis sous embargo par la France depuis la guerre de 1967, s'échappent du port de Cherbourg. Nuitamment, c'est sûr. Légalement ? On ne sait trop...

Dès qu'elle est connue, l'affaire provoque un grand ramdam. La "une" de L'Express , du Nouvel Observateur , de Paris-Match . Un grand éclat de rire dans la presse internationale. Une colère grandiose, au gouvernement, de Michel Debré: "Ca ne se serait pas passé comme ça au temps du général" .

Justement si... du moins jusqu'en 1967. La France avait été le premier fournisseur d'armes des Israéliens. La guerre des Six Jours avait été gagnée par une aviation à 90% fabriquée par la France. Les vedettes de Cherbourg ne constituaient que l'aile maritime d'un dispositif autrement vaste.

Leur rapt - par ceux qui les avaient achetées et attendaient vainement la livraison- peut paraître relever de la chronique cocasse. En réalité, cette affaire permet à Paris de clore le chapitre de la Grande Amitié franco-israélienne : l'opinion s'y refuse encore- pour le moment mais déjà nos exportateurs passent, avec armes et bagages, au marché arabe. Les Israéliens réagissent, eux, en se jetant dans les bras des Américains et en développant leur production propre : aujourd'hui ils menacent la quatrième place que garde la France sur le marché de l'exportation d'armes !

Les vedettes de Cherbourg, c'est bien une page qui se tourne.

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