Aujourd'hui les syndicats ne réunissent que 8% des salariés. Se pose donc la question de leur représentativité. Elle vaut d’ailleurs aussi pour les employeurs. Paritarisme et négociation collective grouilleraient sur une tête d’épingle. Le gouvernement est de plus en plus tenté d’exercer son droit d’ingérence.

Aux lendemains de la Libération, la République crée un espace social qu’elle confie aux représentants des salariés et des employeurs : la Sécurité sociale est ainsi gérée collectivement puis c’est le tour des retraites, de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle. Une vingtaine d’années plus tard, les accords de Grenelle prouvent les vertus de la négociation collective pour la paix sociale ; en conséquence, au niveau de l’entreprise, section et délégations syndicale obtiennent droits et reconnaissance.

Nous sommes loin aujourd’hui de ce consensus, si tant est qu’il n’ait jamais existé. Les syndicats ne réunissent que 8% des salariés. Se pose donc la question de leur représentativité. Elle vaut d’ailleurs aussi pour les employeurs : un dirigeant de start-up se sent-il vraiment concerné par le partage des postes entre CGPME et Medef à la Caisse primaire d’assurance-maladie ? Ceux qui veulent se placer sur un plan plus historique se demandent comment un pays aussi étatiste que la France a bien pu donner des responsabilités aussi lourdes à des acteurs notoirement faibles et divisés. Paritarisme et négociation collective grouilleraient sur une tête d’épingle. En conséquence, le gouvernement est de plus en plus tenté d’exercer son droit d’ingérence.

Qu’à cet instant de la démonstration, le rapprochement soit fait par les dirigeants politiques entre les syndicats d’aujourd’hui et les corporations d’autrefois n’est pas nécessairement flatteur. A dire le vrai, tous les corps intermédiaires en France se retrouvent environnés du même soupçon. Ils croyaient leur rôle utile à la démocratie. Les voilà renvoyés à un Ancien régime dont les liturgies de la négociation relèveraient d’un autre âge.

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