Notre-Dame avait connu une longue restauration high-tech entre 1993 et 2000 à l’issue de laquelle elle était apparue l’épiderme poncé, dépourvu, aurait dit l’écrivain Huysmans, de sa patine de prière et de son hâle d’encens. Et un nouveau chantier commençait…

Gravure de Notre-Dame de Paris vers 1750
Gravure de Notre-Dame de Paris vers 1750 © Getty / UniversalImagesGroup

L’inachèvement perpétuel est le propre des cathédrales. Edgar Quinet imaginait un dialogue sur un échafaudage au XIIIe siècle. L’ouvrier demandait : « Maître, quand aurons-nous fini ? L’ouvrage est long, la vie est courte ». Et le maître ne répondait rien.

Le risque de destruction est également consubstantiel à son histoire. Pour ne parler que de l’histoire contemporaine, Notre-Dame aurait pu être rasée pendant la Révolution et au lendemain de celle de 1830, une émeute s’était attaquée au palais épiscopal, jetant les richesses de celui-ci, ses livres et jusqu’à ses pots de confiture à la Seine. L’édifice lui-même aurait pu être livré aux flammes.

Mais les cathédrales sont des organismes vivants. Au tout début du XIXème, Chateaubriand craignait de les voir tomber en ruines comme les monastères de l’Ancien Régime finissant. Michelet voyait Notre-Dame s’ensevelir dans une atmosphère de fin de monde. Mais le Génie du christianisme est d’être la religion du dépassement de la religion. Victor Hugo vint et il transforma Notre-Dame en une machine à intégrer les temps et à s’envoler vers le futur.

Nous parlerons demain de cette cathédrale renouvelée du XIXème.

Aujourd’hui, la cathédrale du Moyen Age dont la nef qui nous étonne par sa hardiesse s’est révélée assez solide pour tenir dans le drame d’hier soir.

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