"C'est le théâtre de l'histoire de France" disait Guitry : les Champs se tiennent à l'intersection du pouvoir et de la société. D'un côté, le lieu où se tient le souverain - les Tuileries, ou le président- l'Elysée. De l'autre, un permanent concours de peuple avec le risque, chaque nuit, de la délinquance et, à chaque grand rassemblement, de l'explosion.

La Modiste Sur Les Champs Elysées par Jéan Béraud - vers 1890
La Modiste Sur Les Champs Elysées par Jéan Béraud - vers 1890 © domaine public

C'est aussi, depuis l'achèvement de l'Arc de Triomphe en 1836, un lieu privilégié de rencontre du sacré et du profane. Mais le nom lui-même sonnait comme une vocation; les Champs-Elysées, au temps d'Homère, c'est le séjour des morts : une plus douce vie y est promise aux humains.

Les Grecs les situaient tout au bout de la terre. A l'heure de la métropolisation, les Champs ouvrent en effet la route de Paris au monde : les touristes étrangers s'y rendent par dizaines de millions, les investisseurs y misent des milliards.

Les pouvoirs publics n'ont jamais pu contrôler la spéculation aux Champs: ce n'est pas maintenant, qu'elle est devenue internationale, qu'ils y parviendront. D'eux, on attend, cependant, qu'outre la sécurité, ils maintiennent aux Champs une spécificité menacée par la multiplication des enseignes commerciales mondiales et banales.

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