La manière si particulière qu’a Massin de manier la lettre et l’image dans la fabrication des livres a fait sa réputation. Il a animé les volumes que nous tenons dans nos mains.

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Typographie Collection © Getty / CLU

La manière si particulière qu’a Massin de manier la lettre et l’image dans la fabrication des livres a fait sa réputation. Il a animé les volumes que nous tenons dans nos mains. La collection Folio chez Gallimard -où il fut directeur artistique vingt ans durant- ou les ouvrages d’Albin Michel, où il publie maintenant, lui doivent leurs couvertures, avec cette place si importante accordée au blanc. Mais un livre, ce sont aussi des pages qui défilent. Comme un film. Comme un train : quand il s’agit de penser la place des illustrations, les pages qu’il faut concevoir en doubles pages, on parle de chemin de fer.

La dernière facétie de Massin consiste à présenter son dernier ouvrage sans lettrine à la tête des chapitres bien sûr mais sans chapitres non plus, sans paragraphes même, sans ponctuation non plus.

Ce livre est une manière d’autobiographie. Car Massin, non content d’être biographe, est parfois autobiographe. Il a été aussi journaliste, photographe. Editeur lui-même bien sûr. C’est un homme pressé qui, en courant, a toujours changé de couloir.

Geneviève Dormann le comparait à un chat : « Il n’arrive pas, il apparaît, il ne part pas, il se volatilise ». Mais là encore, on ne peut filer l’image jusqu’au bout, vu le nombre de chiens qui furent ses amis. Ce qui permettait, quand Gaston Gallimard était au bout du fil, à Massin de dire : « Tais-toi Gaston ». Car notre homme est aussi, évidemment, un farceur.

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