Le docteur Worms à l’hôpital Rothschild en 1943
Le docteur Worms à l’hôpital Rothschild en 1943 © Collec. David Douvette / Collec. David Douvette

Aujourd'hui, face à la désertification médicale qui menace, le recours aux praticiens étrangers parait naturel. Voilà une situation de crise qui, pour une fois, ne nuit pas à l'esprit d'hospitalité.

C'était une autre affaire dans les années 1930. La Sécurité sociale n'existait pas, la demande solvable de soins se réduisait pendant que grandissait le nombre des médecins étrangers. Lesquels étaient déjà très souvent des roumains. Et qui disait "roumains" sous-entendait, à l'époque, "juifs". Beaucoup de médecins français voyaient dans ces nouveaux confrères des concurrents.

Dès ses premières semaines, la Révolution Nationale prit sur ce sujet, qui lui paraissait brûlant, des mesures discriminatoires. Si bien qu'à l'automne 1942, rares étaient les praticiens juifs, étrangers et aussi "nationaux" qui gardaient encore la possibilité d'exercer. Ce fut le temps du médecin juif errant, plaque dévissée, téléphone coupé.

L'Ordre des médecins, créé en octobre 1940, avait effectué avec diligence le travail d'épuration qui lui était demandé... Maintenu sous une autre direction à la Libération, il lui restait à exprimer ses regrets dès... 1997. A soutenir les enquêtes des historiens et, maintenant, à accueillir les bras ouverts les médecins roumains...

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