Nikita Khrouchtchev dans les années 50
Nikita Khrouchtchev dans les années 50 © MaxPPP / WOSTOK PRESS/MAXPPP

Alors que le XXe Congrès du Parti était déclaré clos, le Premier secrétaire Khrouchtchev avait lu devant les 1450 délégués convoqués pour une séance supplémentaire un rapport sur le culte de la personnalité. Un rapport destiné à rester secret au moins un moment. Le texte accablait la politique menée par Staline depuis 1934. Devant les apparatchiks qui avaient survécu au chef, Khrouchtchev avait voulu conjurer la peur à laquelle ils avaient tous été soumis. Et réhabiliter ceux qui, ayant eu le tort de les précéder, avaient été éliminés, massivement.

Il est difficile de restituer l’atmosphère dans laquelle se déroula cette journée à huis-clos. Le soulagement ne l’emportait pas nécessairement chez les présents. Khrouchtchev, en effet, déposait au cœur du système une bombe à retardement dont il était difficile de prédire ce qu’en feraient les militants communistes, les habitants du pays et les sujets de l’Empire soviétique.

Les partis frères furent comme sidérés. À la table familiale du secrétaire général du Parti communiste français, un des fils aurait lancé : «Mais alors, nous sommes tous des assassins ». La mère, Jeannette Thorez-Vermeersch, déclarait en revanche : « Ne soyons pas de ces nains qui crachent sur la tombe des géants ». Thorez, le secrétaire général qui avait pris plaisir lui aussi à se laisser entourer d’un culte, tenta, lui, de nier le plus longtemps possible l’évidence.

Deux ans auparavant, Ionesco avait imaginé pour le théâtre un appartement dans le placard duquel grandissait un cadavre. La pièce s’appelait :Amédée ou comment s’en débarrasser ? . Nommons cette émission : « Khrouchtchev ou comment s’en débarrasser ? »

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