Plus d'une centaine d'"officiels" du régime de Vichy, quelques centaines de membres de la Milice et de militants des partis collaborationnistes, un bon millier d'exilés compromis à des titres divers... Entre septembre 1944 et avril 1945, les nazis aménagent pour les Français vaincus une petite décharge dans l'ancienne principauté des Hohenzollern, non loin de la frontière suisse. Ils croient encore utile de jouer la comédie d'un maintien apparent de l'Etat français. La difficulté, c'est que Pétain et Laval, qu'ils ont "enlevés", se considèrent comme prisonniers et gèlent leurs titres de n°1 et n°2. Chacun dans son Olympe, au sommet du château des Hohenzollern, ils se tiennent en retrait; à d'autres étages de l'immense demeure plus riche en salons qu'en bureaux, une "commission gouvernementale" fait semblant d'exister tandis que, plus bas, en ville, s'ébroue la colonie des réfugiés.

Sigmaringen - Photochrome vers 1900
Sigmaringen - Photochrome vers 1900 © domaine public / Photoglob Zürich AG

Et, pendant ce temps, à Paris, Aragon écrit:

« Où sont mes sbires d'autrefois? __

C'est déjà la fin de la farce. __

Où ma garde s'est-elle éparse? __

Ma cour de nervis et de garces. __

Où sont dispersés mes comparses? »

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