Jusqu’ici, la présence militaire était surtout concentrée dans la partie orientale du pays...

Un parachutiste du 1er REP surveillant le marché Clauzel, alors que la grève décrétée par le FLN s'amenuise et des magasins rouvrent (03/02/1957)
Un parachutiste du 1er REP surveillant le marché Clauzel, alors que la grève décrétée par le FLN s'amenuise et des magasins rouvrent (03/02/1957) © AFP

Dans ses vœux, le ministre-résidant Robert Lacoste, un homme « à poigne » que le président du Conseil socialiste Guy Mollet avait nommé sous la pression des Européens d’Alger, avait assuré qu’en 1957, on pourrait parler de concorde et d’amitié. La fin de 1956 avait été, en effet, catastrophique. Pendant qu’en Egypte, l’expédition de Suez dirigée contre Nasser par Londres et Paris échouait piteusement, en Algérie, les attentats se multipliaient dans la capitale. Les premiers à leur donner une grande ampleur en utilisant le plastic avaient été des provocateurs d’Algérie française : en déposant en aout une bombe dans un immeuble rue de Thèbes, ils firent des dizaines de morts. Le FLN, disposant à son tour d’explosifs, provoqua une forte émotion chez les européens en s’attaquant à des lieux fréquentés par la jeunesse, la Cafétéria et le Milk Bar. En janvier, le rythme des attentats est devenu insupportable et le FLN avec ses hiérarchies parallèles semble en mesure de décréter une grève générale que les élèves musulmans observent déjà dans les écoles. Germaine Tillion dit que la population se retrouve dans la situation du sac sur lequel tapent simultanément deux boxeurs. Elle observe, désolée, les enfants musulmans qui applaudissent au passage des ambulances : « une commune hystérie, à la fois meurtrière et pitoyable, gagne les deux communautés. »

Jusqu’ici, la présence militaire était surtout concentrée dans la partie orientale du pays. Guy Mollet choisit de donner les pouvoirs de police à Alger à la 10ème DP du général Massu. La confusion du policier et du militaire sera telle qu’on parlera, pour la période impitoyable de répression qui s’ouvre, de bataille d’Alger.

Dans la deuxième moitié de l’année 1957, l’ordre sera rétabli, le FLN ira établir son centre de décision au Caire et à Tunis, les européens pourront applaudir à chacun de ses passages la voiture de Massu qui a gardé la couleur sable qu’il avait adoptée pendant la campagne de Suez.

Mais, à la même époque, un autre général se retrouve aux arrêts de rigueurs : Jacques de la Bollardière, compagnon de la Libération, a eu le tort de dénoncer l’usage généralisé de la torture qui a accompagné la bataille d’Alger. Ce débat avait déjà commencé en 1956, il est maintenant ouvert plus largement, dans un pays qui a encore dans sa chair l’expérience de la Deuxième Guerre.

Chanson "Min Djibalina", paroles de Mohamed Mahbou Stambouli

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