Rediffusion de l'émission du 03/02/2012

D'un côté, la culture de l'enivrement. La réalité n'est qu'une illusion due à l'arrêt momentané de la boisson. Autant en faire abstraction. Et de la société aussi... Pour faire société mais sans elles, entre ivrognes.

Le Vieux Buveur par Gabriël Metsu - 1657
Le Vieux Buveur par Gabriël Metsu - 1657 © Jan Arkesteijn / Jan Arkesteijn

De l'autre côté, l'exercice de la raison et le contrôle de soi, vieilles idées chrétiennes prolongées par le patient processus de civilisation des mœurs à l'œuvre au fil de l'Ancien Régime. Devant sa conscience et devant les autres, il faut se présenter en bon ordre de marche.

Le face à face des deux cultures est ancien. En France, les autorités civiles ont commencé à développer une stratégie de lutte contre l'ivrognerie dès le XVI siècle, plus tôt qu'on ne le croyait jusqu'ici. Evidemment, même renforcée par le discours des clercs, des philosophes, des médecins, cette stratégie a été déjouée avec obstination - mais les auditeurs n'ont pas besoin de "La marche de l'histoire" pour dater la capacité des Français à boire et à ruser, elle vient de la plus haute Antiquité. C'est ce qu'assurait Alexandre Vialatte, dont on vient de célébrer justement le centenaire.

Autre Vieux sage - tricentenaire, lui - Rousseau. Il disait, et le propos est valable pour la boisson comme pour le reste : "Ne cherchons pas la chimère de la perfection mais à faire le mieux possible".

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