Caricature de Daumier sur le droit de visite des navires par la marine anglaise pour lutter contre la traite des Noirs - 1844
Caricature de Daumier sur le droit de visite des navires par la marine anglaise pour lutter contre la traite des Noirs - 1844 © domaine public

Montesquieu dans L’Esprit des lois recommandait pourtant la fin de l’esclavage dès 1744. Une première abolition avait bien été proclamée par la Convention, mais Napoléon étant revenu à l’état ante, les anti-abolitionnistes avaient pu avoir l’impression qu’on repartait de zéro. Sauf que les Anglais précipitaient dorénavant le mouvement. Ils avaient obtenu des Français au Congrès de Vienne en 1815, la promesse de la fin de la traite d’Afrique. Ils abolissaient eux-mêmes l’esclavage dans la Caraïbe britannique en 1833. Désormais, dira le député Gasparin « des côtes de la Martinique esclave, on aperçoit celle de la Dominique émancipée ». Le personnel de la monarchie de Juillet est aussi sensible à un autre argument, celui du calcul, le calcul de la productivité, dirait-on dans notre langage d’aujourd’hui. Le grand abolitionniste, Victor Schoelcher, se demande à l’époque si le Noir devenu travailleur libre ne serait pas stimulé par le désir d’augmenter ses biens. « On voit, ajoute-t-il, dans les îles anglaises, des Noirs avoir cabriolet ». C’est aussi dans cette perspective économique, et sans abandonner l’idée morale de la liberté naturelle de l’homme, que s’inscrit le débat de ces années-là. En revanche, on ne songe pas à une indépendance des îles, à l’exemple de celle d’Haïti. Des commissions parlementaires présidées tour à tour par Rémusat, Tocqueville, Broglie, ont fait des recommandations prudentes, d’abolition graduelle. Le gouvernement, impavide, n’a pas bougé. Et voici, qu’en 1844, les abolitionnistes nombreux parmi les députés, reçoivent le soutien d’une pétition. Elle est signée par nombre d’ouvriers de Paris, artisans des vieux métiers, partisans de l’émancipation individuelle. La chambre des députés vaillico se saisir de la pétition.

Proclamation de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises
Proclamation de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises © Leemage/Corbis

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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